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LES GILETS JAUNES VOIENT ROUGE !

Le Lien N°72

La crise des « gilets jaunes » est symptomatique du vide intellectuel et moral de nos dirigeants. Elu dès le début sur un malentendu et un rejet de l’autre candidate plus que sur une adhésion à son programme, voici que le Banquier en chef, avec sa mentalité de banquier, l’applique avec une plus value d’arrogance et de mépris. Et, à force de tirer sur la corde, de se moquer du peuple et de le pressurer, est arrivé ce qui devait arriver : une révolte exprimant un ras-le-bol, révolte désordonnée certes, sans chef, avec des mots d’ordre parfois contradictoires, mais qui sont bien l’expression d’une colère à son paroxysme. Celui qui a voulu gérer le pays comme une entreprise n’a rien compris au film violent qui s’est déroulé sous ses yeux dilatés de stupeur. Et il fait toujours preuve d’autisme dans ses maigres réponses, qui apparaissent comme une aumône qui pèse trop peu et vient trop tard. Ce n’est pas de charité du seigneur et maître à ses serfs dont ont besoin les Français, mais d’une gigantesque remise à plat de notre société et de notre démocratie pour plus de justice et d’équité.

Outre le gel des taxes injustes, il aurait fallu pour éteindre ce légitime courroux, rétablir l’ISF et accéder à l’exigence du RIC, le référendum d’initiative citoyenne, seul capable de faire entendre la voix des sans-grades aux premiers de cordée qui se sont depuis trop longtemps accaparé la République à leur seul profit. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres, c’est de faire porter les options énergétiques responsables du réchauffement climatique, (comme le tout-voiture, diesel de surcroît, au détriment des transports collectifs), sur le dos des petites gens : en clair, nos dirigeants, et pas qu’en France, ont détruit la planète par leurs choix suicidaires ne répondant qu’au seul critère du profit immédiat, et, maintenant que la situation climatique devient explosive par leur faute, on veut en faire payer le prix à celles et ceux à qui on a forcé à adopter par la contrainte financière (prix des carburants, des loyers…) ce mode de vie et de société qui montre désormais toute ses limites et ses dangers.

Nos dirigeants sont donc des escrocs et des incompétents, puisque la bombe climatique leur retombe à la figure. Nous détruisons la planète, les pauvres paieront la note, tel est leur credo. Ce mépris de classe vient de loin, et le précédent président, sous son apparente bonhommie, ne s’en n’est pas privé, lui qui a bafoué l’étiquette « socialiste » pour instaurer une politique ultra-libérale vouée déjà aux diktats des satrapes d’une économie tout entière vouée au triomphe de la finance mondialisée. A preuve, tel un pitoyable docteur Frankenstein, c’est lui qui a mis sur orbite une caricature de banquier d’affaires aux portes du pouvoir, et la créature a vite dépassé son créateur jusqu’à la magistrature suprême d’une République bien malmenée.

Faute de décisions courageuses que le Monarque ne veut prendre ni ne peut concevoir, engoncé dans son logiciel dépassé de banquier libéral, il n’aura pas éteint l’incendie, mais simplement mis un piètre éteignoir sur des braises qui ne demanderont qu’à repartir au prochain coup de vent. Et gageons que la saine tempête soufflera très bientôt, d’autant que de l’aveu même de ceux qui tiennent le cordon de la bourse, il sera difficile de concrétiser les maigres promesses d’augmentation des bas salaires et du gel des taxes. Pire, les concessionnaires d’autoroute attendent pour le mois de février prochain une augmentation substantielle des péages qui était jusqu’à la crise acquis à ces mercantis. Tel un ordinateur sans âme bloqué par son logiciel programmé uniquement pour le profit, l’Empereur n’a pas renoncé à fracturer encore un peu plus le lien social avec sa réforme des retraites et celle des institutions.

Gageons que s’il s‘entête dans cette voix suicidaire, la flamme de la révolte jaillira demain plus forte, plus haute, nos ancêtres ont su le faire il y a de cela deux siècles. En tant que syndicalistes et citoyens, nous nous devons de prendre la plume, mais aussi nos bras, pour soutenir lucidement et avec discernement la grande page d’histoire qui est en train de ‘écrire actuellement.
Que cela ne nous empêche pas de passer d’excellentes fêtes de fin d’année dans la solidarité.
Meilleurs vœux pour une année 2019 de luttes et de victoires !


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